Le café est servi

 Les 59 kilomètres séparant Nominingue de Tremblant avaient, lentement mais sûrement, défilé sous les roues de Joseph. L’auberge n’avait pas été difficile à trouver : au croisement Labelle-Coupal, tout juste à gauche de la piste, un gros « 900 » blanc sur fond ardoise faisant office et de nom et d’adresse, était tatoué sur son front. « Le 900 Tremblant »… Facile de même!

Quelques tables et un canapé d’extérieur aux coussins ivoire meublaient la large galerie. Deux couples, visiblement des cyclistes, y étaient installés, sirotant espressos et lattés. Ça augurait bien.

À l’intérieur, un large foyer d’ambiance donnait le ton au coin causerie. Devant le comptoir proposant sandwichs, salades et autres mets alléchants, trônait un long îlot où devaient se prendre les petits-déjeuners.

C’est une Dame au franc sourire, qui nous accueillit chaleureusement. J’écris « nous » parce que j’étais arrivée en même temps que DanClau de St-Jean-sur-Richelieu, avec qui, par pur hasard, je me retrouvais chaque jour dans les mêmes hébergements.

Le Proprio arriva, se présenta et nous fit la lecture de règles de la maison. « Chambre 204 pour vous. Aucune clé, le code est déjà programmé avec les quatre derniers numéros de votre téléphone. Demain matin, un pot de café sera déposé sans bruit à votre porte entre 7h15 et 7h30. »  

Quoi ???...

Je montai à l’étage, fit le code et entrai dans une pièce tout de blanc vêtue. Une table et deux chaises transparentes; de la literie immaculée; une salle de bain étroite mais pratique : voilà où j’allais passer la nuit… une nuit de noces sans mari! Définitivement, mon auberge coup de cœur de cette randonnée! 

Et à 7h15 pile le lendemain matin, j’entendis un léger branle-bas dans le corridor : le café était servi!

"Le café est servi", Tremblant, août 2022

 

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