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Circulation fluide dans la haie de cèdres

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C irculation fluide dans la haie de cèdres – J’étais sortie, un peu indécemment, en petite robe moulante, café et cahier spiralé fleuri aux couleurs de l’été, en main. Celui-là même qui me servait quelques fois, à quémander quelques mystérieuses requêtes aux rêves de la nuit. Comme une constante recherche de réponses faciles à la vie… J’avais repositionné les Adirondacks : j’avais tourné le regard de l’ une vers l’est, l’autre, à l’opposé. Préparatifs de fin de journée anticipée, d’un 5 à 7 en solitaire. Malgré la brève incursion en territoire abitibien, j’étais revenue toujours habitée par le manque d’inspiration. Serais-je déjà arrivée  jusqu’à la fin des mots ?... J’avais pris jeudi-de-congé, aussi tendrement que je l’avais pu, pause de retour, ouvrant cette histoire portant sur un Lancaster et la vie des amish . Tentative assez réussie de plonger dans un roman rédigé en anglais. Je vivais cette réintégration matinale du chez-nous d’adoption,...

Coeurs amoureux, corps brisé

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C œurs amoureux, corps brisé - Ça y est : j’ai enfin pu observer tout mon soûl, un Cardinal et sa Belle se faire la cour dans la cour!  Ce chant , fusant de partout, je le reconnais maintenant très bien parmi tous les autres. Cherchant les vives couleurs à-travers le vert branchage, un déplacement les dévoila. Ce rouge plumage, et cette Belle-endormie , rosie d’émoi.  Envolées endiablées, d’une branche à l’autre, d’un arbre à l’autre. Course folle contre la montre pour conquérir le cœur de la Dame. Vols nerveux, impétueux. Pour assister à cette curieuse courtisanerie, les Voyeurs s’installent, les uns sur la ligne électrique, souhaitant sûrement que le courant passe, les autres dans la haie de cèdres ou tout en-haut du pignon de l’église. Roucoulements des pigeons et tourterelles endimanchés; chastes souffles de notes d’amour faisant office de roulements de tambour.   Mesdames, messieurs, la cour est ouverte… aux cœurs amoureux! ...

Ce matin, il n'y avait pas de...

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C e matin, il n’y avait pas de moulinage de prévu. Plutôt un geste altruiste : aller donner un coup de main au Chiffonnier, petite friperie du village sous l’égide du Comité d’action sociale . J’avais pris place, comme ces derniers matins, devant le soleil levant. Mieux organisée cette fois, j’avais transporté l’une des Adirondack rouge dans l’angle de la haie de cèdres donnant sur Chemin Principal. Le regard posé entre les maisons, jusqu’aux lointains immeubles se perdant dans un smog de grande ville, je réfléchissais à ce qu’était devenu mon quotidien. L’idée d’être toujours en train de reproduire un simulacre de «  Eat, Pray, Love   » ( il me semble avoir déjà abordé le sujet dans le passé ) en quittant mon Abitibi natal, se confirmait. Depuis un an, tout ce que j’avais fait ici ( ou presque ) c’était de… manger!  Goûter les richesses du terroir; apprécier la générosité de mes Nouveaux Voisins, mes Nouveaux Amis; profiter de toute...