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Portrait aubéen

La nuit avait abruptement pris fin à trois-heures-de-noirceur. Obligée de me lever pour répondre à un besoin essentiel mais voulant replonger dans le rêve qui m’habitait au moment de l’éveil, je descendis l’escalier, répétant comme une litanie le mot «  pêche, pêche, pêche » espérant que le truc serait infaillible. Réintégrant ma couche à peine quelques minutes plus tard, comme de raison, il me fut impossible de raccrocher des images au mot. Je m’obstinai : peine perdue. J’aurais pourtant bien aimé savoir ce que je faisais à la pêche, en plein mois de septembre, quand je n’aime même pas ça. Je ne saurai jamais la fin de ce film imaginaire… Ça restera dans la filière « mystère et bulles de nuit »! Puis mon corps fut envahi de tournoiements incessants. Une heure trente plus tard, sans être désespérée mais parfaitement consciente que je n’irais pas plus loin dans l’inconscience (…), je me levai, ouvris Petit Portable et débutai les exercices quotidiens d’esp...

Se croire invisible

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  Il y avait un moment que je laissais le vent me balancer doucement, un livre posé sur les genoux. Le temps était bon, avec juste ce qu’il fallait de fraîcheur pour inviter l’automne à s’installer... même si je me retenais d’aller chercher un jeté de polar pour couvrir mes jambes dénudées. Pure paresse. Différents bruits m’entouraient : circulation; chuintement de l’eau s’écoulant de la fontaine dans l’étang; cris agaçants des oiseaux. Routine sonore quoi. Soudain, je me sentis observée à la dérobée. Je tournai la tête vers la droite et le vis, figé en position assise, le regard fixé sur moi. «  Quessé tu fais là?  » lui dis-je. Zéro réaction. Je continuai de lui parler en bébé, lui, de me regarder sans bouger. Chacun de notre côté on vivait ce moment privilégié, à l’abri des regards et du jugement. Seuls soleil et bruants surent… Voilà où j’en étais rendue dans ma vie de joséphoise :   profiter d’un beau samedi ensoleillé pour jaser avec...

Le génie d’Yvon

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  Bien sûr que je vous parlerai ce matin, de ce spectacle « Intemporel », présenté hier au Casino de Montréal, devant une foule de philanthropes, de gastronomes, d’amateurs d’humour et de supporteurs d’une Fondation, la Fondation Yvon Deschamps Centre-Sud, qui a pour mission d’ « améliorer la situation des jeunes du quartier Centre-Sud en soutenant les programmes offerts par L’Association sportive et communautaire du Centre-Sud (ASCCS)  »   Une fondation aussi grande que l’Homme qui lui a donné nom et contributions. Intemporel ou « qui, par sa nature, est étranger au temps, invariable; éternel, immuable  » * : c’est ce que je ressens quand je regarde l’Homme de 87 ans, écoutant religieusement les prestations de ses pairs durant le spectacle, et riant à gorge déployée de ses propres écrits. J’ai beaucoup aimé et ça valait amplement le prix payé! Au programme, nous avons eu droit à : - La paternité avec Stéphane Rousseau   ...